Le transport maritime assure plus de 95%, en tonnage, de nos échanges avec l’extérieur. En termes de valeur de marchandises, ce mode de transport doit assurer environ 94% des échanges du Maroc avec le monde extérieur.
De ce fait, le transport maritime a toujours constitué l’un des piliers fondamentaux de la stratégie du développement socio-économique de notre pays.
Conscient de la nécessité de posséder une marine marchande répondant aux besoins du pays, les pouvoirs publics ont déployé depuis le début des années soixante, d’importants efforts pour piloter à bon port cette branche d’activité dont le poids est déterminant dans une économie qui se veut exportatrice comme celle du Maroc.
Ainsi, au lendemain de l’indépendance, des textes ont été adoptés en vue d’organiser les transports maritimes et de manifester notre souveraineté dans ce domaine stratégique pour l’Economie nationale.
Grâce aux investissements intensifs réalisés à partir de 1974, la flotte marocaine a changé de dimension en portant le nombre d’unités sous pavillon marocain à 66 en 1989 pour une capacité de transport statique de 600.000 tonnes de port en lourd. Le nombre d’armement est passé quant à lui de 4 à 17 dont la majorité relève du secteur privé.
Après avoir enregistré ce niveau appréciable, la flotte a régressé pour atteindre actuellement 43 unités d’un port en lourd de 293.000 tonnes avec un taux de participation dans le transport des échanges extérieurs de 10%.
Cette situation est due à la nature de l’activité de transport maritime qui demeure très vulnérable compte tenu des incidences négatives de l’environnement international conjuguées aux contraintes au niveau national.
C’est dans ce contexte que la Direction de la Marine Marchande a engagé une étude stratégique sur le secteur des transports maritimes dans l’objectif d'établir un diagnostic et d’identifier les options stratégiques pour le développement du secteur dans toutes ses composantes ; ce qui permettra aux différents opérateurs d’avoir la visibilité nécessaire afin d’exercer dans un cadre de concurrence libre et loyale.
D’autres mesures destinées à la mise à niveau et la promotion du secteur seront prises. Elles portent essentiellement sur des textes législatifs et réglementaires relatifs à l’organisation de la profession des agents consignataires et les courtiers d’affrètement, au trafic des lignes régulières, à l’affrètement des navires étrangers, au transport de passagers y compris le transport des Marocains Résidents à l’Étranger…
Dans le prolongement des efforts déjà accomplis, et dans un contexte où la communauté internationale renforce ses normes en matière de sécurité et de sûreté des navires et des ports ainsi que de prévention et de lutte contre les pollutions marines, un jumelage institutionnel avec la France dont le lancement a été donné le 30 novembre 2005, a pour objectif spécifique de rapprocher la législation et la réglementation marocaines de l’acquis communautaire y compris les conséquences en matière d’organisation et de formation.
Dans un environnement en perpétuelle mutation, caractérisé par la globalisation, la Direction de la Marine Marchande est consciente des défis qu’elle doit relever. Bon vent.
Abdellah ABOUELFETH-IDRISSI