OFFICE NATIONAL DE L'ELECTRICITE (O.N.E.)

 

 L'Office National d'Electricité (ONE) se désengage progressivement de la pro­duction et de la distribution d'électricité pour s'occuper seulement du transport d'électricité et de l'électrification du pays. C’est ainsi que la distribution d'électricité dans les villes de Casablanca et de Rabat ont été cédée au privé. De plus l'importation de l'électricité d'Espagne confirme cette tendance.

La consommation annuelle d'électricité au Maroc est de 9 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), avec une croissance de l’ordre de 6% par an. Par habitant, la consommation est de 0.3 TEP.

L'énergie nette appelée est en croissance de 5,8% et a atteint 12.453 giga watts heures (gwh). La production est à 80% thermique, soit

9.937 gwh, le combustible le plus utilisé est le charbon importé qui contribue pour 67,9%, suivi respectivement du fuel (26,9%) et du gasoil (0,3%). L'hydraulique contribue pour 14%. Le reste provient des apports de tiers, soit 6%, avec la plus grosse part venant de l'interconnexion avec l'Espagne (5,7%).

De grands projets sont programmés pour le développe­ment du secteur de l'énergie dans le cadre du développe­ment économique et social (2000-2004), dont la valeur des investissements est estimée à 37 milliards de Dhs.

-               Electrification accélérée des zones rurales : de 1000 à 1500 villages par an dans le cadre du PERG (Programme d'Electrification Rurale Globale)

-               La mise en service de nouveaux ouvrages de production d'électricité, qui porteront la puissance électrique installée de 3700MW à environ 5300MW:

-               les tranches III et IV de jorf Lasfar,

-               la centrale à cycle combiné de Tahaddart au Sud de Tanger qui fonctionnera à partir de 2004 au gaz naturel transitant par le Maroc dans le Gazoduc Maghreb Europe (GME),

-               la station de transfert d'énergie par pompage (STEP) d'Afouer qui favorisera le stockage d'énergie pendant les heures de faible demande et sa restitution lors de pics de consommation,

-               le complexe hydroélectrique de Dchar El Oued - Ait Messaoud dans la région de Béni-Mellal,

-               le parc éolien de 50MW en construction à Koudia El Baida, près de Tétouan.

 

Le Maroc importe 90% de ses besoins énergétiques pour une enveloppe annuelle de 8 milliards de dirhams environ, qui correspond à 17% des importations du pays. Ce secteur parti­cipe à hauteur de 7% au PIB. Dans le cadre du plan quinquen­nal 2000-2004, le secteur va bénéficier d'un investissement de 35 milliards de DH, 6% de ce montant proviendrait du budget de l'Etat.

 

Les deux combustibles phares restent encore le pétrole et le charbon. Mais d'ici dix ans, cela devrait évoluer au nom de l'in­dépendance énergétique. Ainsi, la diversification énergétique pousse le Maroc à faire preuve d'originalité. Le partage du mar­ché des combustibles se fera donc entre le gaz, le charbon, le pétrole et les énergies renouvelables.

 

Historique de la problématique des importations de Charbon de 1979 à 1988

 

Dans le domaine de la production d'électricité, le charbon constitue l'énergie fossile la moins coûteuse vers laquelle s’est tournée l’ONE, surtout depuis le second choc pétrolier de 1979.

 

C'est en 1980 que l'Office National de l'Electricité a lancé la transfor­mation au charbon de deux unités de 150MW chacune, de la centrale thermique de Mohammedia d'une part, et a remis en service la tranche au charbon de 60 MW de la centrale thermique de Casablanca d'autre part. La première mise en service au charbon des deux tranches de la centrale de Mohammedia a eu lieu au cours de l'année 1986. Les besoins de cette centrale, à savoir 800.000 tonnes environ par an, ainsi que ceux de la centrale de Casablanca, soit 150.000 tonnes par an, sont totalement importés.

 

Il convient de préciser que les quantités de charbon destinées à la centrale de Mohammedia devaient initialement transiter par le port de Mohammedia, l'alimentation de la centrale étant assurée depuis le quai à charbon grâce à un convoyeur. Pour des raisons d'environnement, cette solution avait été abandonnée au profit du port de Jorf Lasfar, situé à 110 Km au sud de Casablanca. Cependant, suite à la décision de différer l'aménagement du terminal à charbon de ce port, les importations s'effectuent actuellement par le port de Casablanca.

 

A l’origine le terminal à charbon de Casablanca possédait une infrastructure de réception vétuste dont la capacité ne dépassait guère 2.000 tonnes par jour. Pour faire face aux besoins  sans cesse croissants de 1'O.N.E., des cimenteries et des sucreries nationales, qui ont dépassé le cap du million de tonnes dès 1988, l'Office d'Exploitation des Ports a installé un nouveau portique au terminal à charbon permettant de porter la capacité de déchargement à 4.000 tonnes par jour. Les minéraliers transitant par le terminal à charbon avaient une capacité maximale de 20.000 tonnes car les quais présentent un  tirant d'eau de seulement 29 pieds.

 

Devant l’urgence de réaliser l'ensemble des programmes annue1s d'importation des différents utilisateurs de charbon, l'O.N.E a confié les opérations d'importation à la société Sococharbo, qui a obtenu auprès des autorités administratives, l’usage du quai F de la Jetée Moulay Youssef du port de Casablanca. Ce quai n'étant pas équipé pour la réception de charbon, les opérations de déchargement d’une cadence journa­lière de 4.500 tonnes, étaient assurées par des navires auto-déchargeants. Les expéditions vers la centrale de Mohammedia à partir de ce quai étaient effectuées par camions. La reprise et le rechargement sur camions étaient pris en charge par Sococharbo. Il est à noter par ailleurs qu'en 1988 plus de 70% des importations de charbon pour l'O.N.E ont transité par le quai F. Pour ce qui concerne les expéditions de charbon vers les centrales, celles-ci étaient effectuées par camions ou par wagons à partir du terminal à charbon et par camion à partir du quai F.