|
L’ADMINISTRATION DES DOUANES ET IMPÔTS INDIRECTS (A.D.I.I) |
L'Administration des Douanes et
Impôts Indirects (A.D.I.I.) est une administration fiscale. Jusqu'à un passé récent,
elle a vu ses activités essentiellement cantonnées dans ce rôle de collecteur
de fonds pour le Trésor Public.
Cependant,
le champ d'action de cette Administration a connu une évolution importante. De
simple pourvoyeur de fonds elle a été appelée à jouer un rôle de plus en plus
actif dans le développement économique du pays. C'est le rôle économique de la
Douane.
Parallèlement
et du fait de l'implantation de ses services aux frontières du Royaume,
l'A.D.I.I. apporte son concours à diverses autres administrations. C'est le
troisième rôle de la Douane.
Il convient
dès lors de présenter dans le détail ces différentes activités.
Rôle fiscal:
Les recettes
douanières constituent au Maroc un apport essentiel pour le Trésor Public.
Ainsi pour ces dernières années la part des recettes douanières dans les
recettes ordinaires de l'Etat s'est élevée à environ 40%. Le droit de douane
proprement dit et qui figure sur le tarif des droits à l'importation,
l'A.D.I.I. est chargée du recouvrement d'autres taxes, telles que le
prélèvement fiscal à l'importation, les taxes intérieures de consommation, la
taxe sur la valeur ajoutée à l'importation et les droits de sortie (taxe sur
les produits miniers par exemple).
Par
ailleurs, des dispositions douanières constituent des mesures incitatives à la
création d'industries de substitution aux importations. Il en est ainsi des
avantages fiscaux (exonérations totales ou partielles des droits et taxes)
accordés aux importations de biens d'équipement dans le cadre de programmes ayant
reçu le visa de conformité. Il en est de même de la modulation du droit de
douane selon le degré d'élaboration des produits (matières premières moins
taxées que les semi-produits etc.) ; ce qui permet aux entreprises de
production d'importer les matières premières dont elles ont besoin dans des
conditions fiscales avantageuses.
De plus, le
rôle économique de l'Administration des Douanes et Impôts Indirects, se reflète
dans sa contribution à la promotion des exportations, concrétisée tant au plan
juridique qu'au niveau pratique.
En effet, es régîmes économiques en douane (titre V du code
des douanes : articles 114 à 163 bis et titre IV du décret pris pour
l'application dudit code: articles 75 à 173) constituent un cadre juridique
idéal pour les entreprises orientées vers l'exportation.
Ils
permettent le stockage (entrepôt de douane), la transformation (admission
temporaire), l'utilisation (importation temporaire) ou la circulation de
marchandises (transit) en suspension des droits de douane, des taxes
intérieures de consommation ainsi que de tous autres droits et taxes dont elles
sont passibles. Cette suspension s'étend aussi aux prohibitions et restrictions
d'entrée ou de sortie, à l'exception toutefois, des prohibitions absolues
visées à l'article 115 du code des douanes.
Au plan
pratique, des dispositions ont été prises en vue de simplifier au maximum et
d'accélérer les procédures de dédouanement liées à la promotion des
exportations. Ces facilités touchent aussi bien l'octroi des régimes que le dédouanement
des marchandises proprement dit à l'importation comme à l'exportation
(circulaires n03834 du 28 février 1984, n03903 du
7juillet1985).
Dans le domaine maritime et eu égard au rôle dévolu à cette
Administration en matière de lutte contre la fraude et la contrebande, une zone
de surveillance spéciale, dite "rayon des douanes" ,est délimitée le
long des frontières du pays. La partie maritime du rayon des douanes correspond
aux eaux territoriales fixées à 12 milles marins à partir des lignes de base et
une zone contigu~e de 24 milles. Sur l'ensemble de cette zone de surveillance
spéciale, le service douanier est chargé de l'application d'une législation et
d'une réglementation spécifiques appelées "police du rayon". La
navigation à l'intérieur de la zone maritime du rayon des douanes obéit donc à
ces règles et notamment celles concernant:
- la liste
des marchandises interdites à bord de certains navires d'un tonnage
déterminé ;
- l'interdiction
de jets de marchandises à la mer;
- l'obligation
d'inscription des marchandises sur le manifeste commercial du navire signé par
le capitaine;
- la
présentation du manifeste à toute réquisition du service douanier (visa ne
varietur de l'original du manifeste, remise d'une copie aux agents des douanes
qui se rendent à bord);
- l'accostage
des navires qui ne peut avoir lieu que dans des ports pourvus d'un bureau de
douane, sauf cas de force majeure justifié ou dérogation accordée par
l'Administration. Il en est de même pour les débarquements de marchandises et
les formalités douanières qui en découlent, notamment l'obligation faite au
capitaine du navire ou son représentant (armateur, consignataire, courtier
maritime) de déposer dans les 24 heures de l'arrivée dans le port, une
déclaration sommaire. Cette dernière correspond à la partie du manifeste des
marchandises à débarquer. Le capitaine doit en outre déposer une déclaration
sommaire des provisions de bord et des marchandises de pacotille appartenant
aux membres de l'équipage. De même, sauf dérogation accordée par le Directeur
de l'Administration des Douanes et Impôts Indirects, le chargement des navires
et le transbordement des marchandises ne peuvent avoir lieu que dans l'enceinte
des ports où les bureaux de douanes sont établis. Après accomplissement des
formalités réglementaires l'exportation des marchandises doit être aussitôt
réalisée. Toutefois avant de quitter le port, le capitaine du navire doit
soumettre au visa ne varietur du service douanier, la partie du manifeste
commercial concernant les marchandises embarquées et remettre à
l'Administration une copie de ce document.
Par ailleurs
et nonobstant la mission fiscale de cette Administration, les carburants,
combustibles et lubrifiants, extraits d'entrepôts de stockage spéciaux et
devant être mis à bord des navires, peuvent prétendre à l'exonération des
droits et taxes exigibles. La destination privilégiée de ces produits doit
cependant être garantie soit par souscription d'un acquit à caution de transit,
soit par escorte douanière.
En outre,
dans le cadre du concours qu'elle prête aux autres services, l'Administration
des Douanes et Impôts Indirects applique des législations autres que douanières
et perçoit des droits et taxes au profit d'autres organismes publics. C'est
ainsi que cette Administration veille entre autres au respect des polices de:
- la
navigation maritime (Dahir du 28 Joumada II 1337) (31 mars1919);
- des épaves
maritimes (dahir du 18 Joumada I 1334) (23 mars1916);
- des ports
maritimes de commerce (dahir n0 1-59-043 du 12 Kaâda 1380)
(28avril1961);
- - la pêche maritime (dahir portant
loi n0 1-73-255 du 25 Chaoual 1393) (23novembre1973);
- des
transports maritimes (dahir n0 1.61.129 du 25 Rebia II 1382) (25 septembre
1962).
L'Administration
des Douanes et Impôts Indirects constate, par le biais de ses agents
assermentés, les infractions aux dispositions des dahirs sus-visés et dresse
les procès-verbaux y relatifs. Elle perçoit aussi, pour le compte de l'agence
comptable centrale des chancelleries diplomatiques et consulaires, des droits
de chancellerie sur les navires embarquant dans un port étranger des
marchandises ou des passagers à destination du Maroc. Lorsque cette formalité
n'a pu être accomplie dans le port étranger de départ, le recouvrement est
effectué par le bureau des douanes du port marocain de débarquement (Décret n0
2-70-646 du 23 Kaâda 1392 (30 décembre 1972) relatif aux droits de
chancellerie).
Cette
administration perçoit également, au profit du budget annexe des ports, des
droits de port sur les navires, les marchandises et les passagers, applicables
à certains ports du Royaume où le Département de l’Equipement n'est pas
représenté (Dahir n01.82.332 du 15 Rebia I 1403 (31.12.82) portant
promulgation de la loi des Finances pour l'année 1983), ainsi que des taxes de
remorquage, pilotage et autres opérations (Décret n02.84.29 du 5
Ramadan 1404) (5.6.84).
Enfin,
l'A.D.I.I. perçoit des droits de nationalisation. de congé et de rôle
d'équipage (Dahir du 28 Joumada II 1337 - 31.3.1919) au profit de son
Département de tutelle.