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LA MARINE MARCHANDE |
La
Direction de la Marine Marchande est chargée principalement de:
- préparer et
mettre en oeuvre les orientations et les actions propres à assurer le
développement et la protection du pavillon marocain;
- assurer en
relation avec les administrations et les organismes intéressés, la préparation,
l'exécution et le contrôle des plans de développement de la flotte de commerce
et de la construction navale;
- élaborer et
assurer le suivi de toute étude économique et technique relative au transport
maritime et à ses activités connexes;
- préparer et
mettre en application les mesures législatives et réglementaires relatives à la
marine marchande;
- veiller à l'application du régime disciplinaire et pénal
de la marine marchande;
- promouvoir,
organiser et diffuser l'information et la documentation maritime dans le
domaine de la marine marchande;
- participer
à la représentation du Maroc auprès des institutions maritimes internationales
et régionales, et veiller à l'application des conventions maritimes
internationales adoptées par le Maroc, notamment dans le domaine du transport,
de la navigation, de la sécurité et du travail maritimes ainsi que de la
pollution marine.
Sur le plan national, une évolution
notable a été observée quant à la conception du rôle de la mer. Les premiers
plans marocains de développement économique et social se sont inscrits dans la
ligne droite des conceptions prévalant dans les années 1960 et qui mettaient
l'accent sur l'utilisation des espaces marins avant tout comme voies de
communications internationales. Ainsi, avec le plan quinquennal 1960-1964,
l'intérêt commença à être porté à la mer à travers l'édification d'une flotte,
marchande nationale. Une telle orientation s'explique par la position
géographique du Maroc au carrefour des principales routes commerciales entre
les continents africain, européen, américain et le Moyen Orient.
La mer a de ce fait constitué le support essentiel,
d'intérêt économique des rapports du Maroc avec le monde extérieur. Elle se
confond avec le commerce extérieur. Un tel constat trouve une illustration
significative dans les faits puisque plus de 98% des tonnages extérieurs marocains
sont transportés par mer.
Les transports maritimes constituent un maillon
stratégique essentiel pour les exportations clés de l'économie marocaine,
notamment les agrumes et primeurs, et l'acide phosphorique. La présence du
produit sur le marché adéquat, au moment voulu et à un coût supportable ainsi
que l'accès aux marchés dépendent de la disponibilité des moyens de transport
appropriés. C'est dire l'importance de cette activité qui est déterminante pour
une économie qui se veut exportatrice dans une optique de diversification des
débouchés.
Le poids des transports maritimes se reflète aussi à
travers la facture de dépense nationale de fret qui a atteint environ
l'équivalent de la facture pétrolière nationale, ce qui en fait un secteur
grand consommateur de devises qui doit être piloté avec beaucoup de vigilance.
Dès lors, il est apparu impérieux de se doter d'un
armement national permettant au Maroc de servir de façon constante et régulière
le commerce extérieur. La création de la COMANAV en 1958 découlait de la
nécessité, qui semblait à l’époque vitale, d'assurer les échanges commerciaux
du Maroc par ses moyens propres.
Depuis, cet armement pilote et non exclusif joue un
rôle important dans l'acheminement des échanges., il convient de rappeler que depuis
l'avènement de la CNUCED, le Maroc a été un partisan fervent du développement
des flottes commerciales des pays envoie de développement et a toujours plaidé
en faveur d'une participation équitable de ces flottes aux échanges
internationaux. A cet égard, il convient de noter que les pays en développement
n'entrent que pour 20% dans le tonnage mondial alors qu'ils représentent 46%
environ des exportations du globe. Le Maroc a été un des signataires du Code de
Conduite des Conférences Maritimes élaboré sous les auspices de la CNUCED et
instaurant la règle 40-40-20 répartissant équitablement le fret.
Il convient dés lors de se poser la question de
savoir quelles sont les différentes phases constitutives du secteur de la marine
marchande avant de dégager l'impact économique des réalisations de l'armement
marocain.
C'est à partir des années 1960 qu'a démarré
l'itinéraire de développement du secteur de la marine marchande. La période
1962-1972, phase organisationnelle des transports maritimes au Maroc,
correspond à une période de manifestation au niveau international de la
souveraineté marocaine dans ce domaine stratégique pour l'économie nationale.
Elle a été marquée par trois actions fondamentales:
- Le Dahir du
25 septembre 1962 qui trace des orientations irréversibles de la réorganisation
des transports maritimes au Maroc;
- L'extension
au domaine maritime du Dahir du 31 décembre 1960 sur les encouragements aux
investissements privés.
La période 1973-1987 correspond quant à elle à une
phase d'investissements intensifs. La flotte marocaine se composait en 1972 de
20 unités de 64000 TPL. Elle compte actuellement 59 unités offrant une capacité
de transport de 534.118 TPL tonnes de port en lourd; la valeur des investissements
est de l'ordre de 4300 millions de DH au lieu de 140 millions de DH, à la
veille de 1973. Le nombre d'armateurs est passé de 4 à 18 dont la majorité
relève du secteur privé. Le tonnage transporté sous pavillon marocain est passé
de 920.000 tonnes à 7.920.000 tonnes en 1987.
Phénomène nouveau, la flotte marocaine commence à
participer à des trafics tiers où elle a réalisé 1.700.000 tonnes en 1987. De
ce fait, le potentiel marocain de transport permet d'assurer 37% de la
couverture de la facture nationale de fret soit 1800 millions de DH, ce qui
constitue une économie importante de devises. Ceci prouve la capacité de la
marine marchande marocaine à affronter le marché mondial.
Au niveau de l'emploi, le secteur des transports
maritimes offre plus de 4.500 emplois dont 3.500 navigants environ. Le
personnel à terre qui est à 100% marocanisé, comprend des cadres qualifiés,
maîtrisant la gestion commerciale et technique de la flotte marchande
marocaine.
Cette flotte s'est développée
particulièrement grâce au concours financier substantiel de l'Etat à travers
le code des investissements maritimes de 1973. En conséquence, l'armement
marocain a bénéficié de l'équivalent de un milliards de DH sous forme de primes
et de ristournes d'intérêts.