De l’économie

 

Les échanges mondiaux, l’énergie et l’alimentation, dépendent des océans. Ceux-ci  occupent les 4/5 de la planète, d’où le terme  Planète Océan  plus approprié que Planète Terre.

Le développement accéléré du commerce mondial après la seconde guerre mondiale, s’est accompagné d’une dépendance croissante des économies à l’égard du transport maritime qui reste la voie de passage obligée pour le commerce des machines et des pondéreux.

La flotte civile mondiale d’une capacité de chargement de sept cent millions de tonnes, comporte trente six mille navires et réalise annuellement un fret de 4.5 milliards de tonnes ; à lui seul, le transport des hydrocarbures représente plus de la moitié en  tonnage des produits transportés en mer, mais en terme de valeur, sa proportion n’est que de l’ordre de dix pour cent.

Par contre, les produits manufacturés et les biens intermédiaires, dont le volume annuel avoisine le milliard de tonnes, représentent, en valeur, les deux tiers du trafic planétaire. Leur transport est assuré par des porte-conteneurs dont certains ont une capacité de cinq mille boîtes.

Mais de tous les trafics, celui des marchandises virtuelles et invisibles, telles les communications téléphoniques et les échanges de données informatiques, connaît l’expansion la plus spectaculaire. Par exemple, sur le marché de la spéculation sur les monnaies, on parle de mille cinq cent milliards de dollars par jour, soit plus que le montant d’une année de commerce mondial.

Pour en donner une idée, disons qu’au siècle dernier, un câble télégraphique transmettait dix symboles par seconde sur plusieurs kilomètres. Cette année la mise en service du câble sous-marin sea, long de 26 000 km, reliant l’Europe à l’Asie, via la Méditerranée, permet 200 000 communications simultanées. A  terme, trois millions de kilomètres de fibres optiques seront posés dans les mers pour faire face aux cent millions de sites web prévus pour les années à venir.

Presque, toutes les marchandises physiques transitent par les ports. Avec un trafic annuel de l’ordre de trois cent millions de tonnes Rotterdam et Singapour sont les premiers ports de la planète.

L’exploitation des mers intéresse tout d’abord la pêche sur laquelle repose une partie considérable de l’alimentation humaine. Elle représente près de cent millions de tonnes de prises chaque année.

Initiée au Venezuela, vers 1920, l’exploitation off-shore ne s’est réellement développée que depuis les chocs pétroliers, et  symbolise depuis lors une volonté d’indépendance énergétique.

Plus du tiers de la production mondiale de pétrole provient de ces gisements ; et ni les techniques, ni le coût ne sont un obstacle à l’exploitation possible jusqu’à 1 500 mètres de fond. Mer du Nord, Amérique latine, Golfe du Mexique, Afrique de l’Ouest et Asie, les projets se multiplient. Les gisements de gaz contribuent au cinquième de la production mondiale.

Aux hydrocarbures, il faut ajouter l’étain dont la moitié de la production mondiale provient de l’offshore, le magnésium, le thorium et les nodules polymétalliques comme le cuivre ou le cobalt.

On ne peut évoquer les océans sans parler de la pollution.

Les contaminations ponctuelles de l’environnement par les hydrocarbures, aussi spectaculaires soient-elles, ne doivent pas faire oublier celles plus graves des pollutions chroniques. Elles s’élèvent à 2.35 millions de tonnes par an, d’après une étude de 1996 de la National Science Foundation. Pétroliers et fuites d’oléoducs représentent, selon elle, 2 % seulement des dégâts ; 63 % sont imputables aux pluies et fleuves qui charrient des hydrocarbures venus des villes et des usines.