De la science

 

Pour les professionnels, la mer n’est ni infinie, ni insondable, que ceux-ci soient biologistes, chimistes, physiciens, géologues, navigateurs, exploitants pétroliers, juristes, politiques ou militaires.

Sous tous ces aspects, on sait maintenant beaucoup de choses sur la mer ; on en trouve aussi de nouvelles chaque jour; on sait qu’elle ne fait pas n’importe quoi, et que l’homme non plus ne peut pas en faire n’importe quoi. Curieusement, deux mots, océanographie ou océanologie, coexistent pour englober l’ensemble des recherches de toutes catégories qui se consacrent au milieu marin, lequel couvre 71 pour cent de la superficie de la planète ; comme s’il existait une continentologie  pour les sciences et les techniques qui se pratiquent sur les 29 pour cent restants.

Passons en revue les aspects physiques.

Comme chacun peut le constater, les ondes les plus familières sont celles qui apparaissent à l’interface séparant un liquide et un gaz.

La plupart des phénomènes communs à tous les types d’ondes peuvent être illustrés, ou au moins visualisés, par les oscillations de la surface d’une  simple flaque d’eau.

Par exemple, le jet d’une pierre dans un lac, initie un paquet d’ondes circulaires. Et comme le milieu est dispersif, la distinction entre vitesses de phase et de groupe y est alors clairement visible. Les vagues se diffractent autour d’un obstacle, se réfractent quand la profondeur change et présentent une figure d’interférences après avoir traversé plus de deux orifices.

Il y a également des processus d’un niveau de complexité supérieur. La protubérance de proue d’un navire rapide est l’analogue direct de la radiation de Cerenkov engendrée par les particules atomiques à cinétique élevée, traversant des champs de matière.

La génération des vagues par le vent est un analogue du guide d’ondes, important outil d’amplification des signaux électromagnétiques.

Le déferlement des vagues sur une plage est un analogue du processus complexe, de chauffage des plasmas, utilisés dans les expérimentations en cours pour la maîtrise et le contrôle de la fusion nucléaire.

Dernièrement les phénomènes de la localisation, eux-mêmes d’inspiration quantique, ont été reliés à la réfraction de la houle par des fonds aléatoires.

L’étude des ondes de surface et de leur propagation est d’une grande importance dans la compréhension du phénomène des marées, des effets de la houle sur les ouvrages maritimes et les navires ; et de l’influence des vagues au niveau de la frange littorale.

Si les jetées à talus sont une technique millénaire, ce n’est, pourtant, que très récemment que l’on a commencé à comprendre sous un regard nouveau le mécanisme de leur fonctionnement : sous l’action de la houle les corps des digues développent naturellement une géométrie auto similaire qui leur permet de s’opposer à la progression des vagues non pas de manière frontale mais plutôt en terme d’amortissement fractal.

Tout ceci, pour dire que d’un point de vue purement scientifique, ce domaine est riche en découvertes engendrant de nouveaux champs d’étude et d’investigation.